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Le zéro et l’infini (Arthur Koestler)

zero_Infini

Vladimir Lebedev, Un ouvrier balayant les éléments criminels hors de la République, 1923

Ecrit de 1938 à 1940 et paru en France dès 1945, le Zero et l’infini est un des grands classiques du XXème siècle ainsi qu’un best seller mondial. Inspiré des grands procès de Moscou, le roman raconte l’itinéraire d’un responsable communiste, Roubachof, jeté en prison et jugé, bien qu’il ait été lui-même un « épurateur ».  Il s’agit d’un réquisitoire, synthèse de vie de plusieurs militants victimes des « procès » de Prague, contre les dictatures et les systèmes totalitaires pour lesquels l’homme n’est rien, un zéro face à la collectivité, alors que l’humanisme voit en lui au contraire un infini.

Outre sa valeur historique, ce livre dépasse la simple narration d’un homme confronté à sa mort par suite d’un procès inique et absurde. Il témoigne avec une force rare et une qualité de réflexion profonde et originale, d’un des évènements tragiques majeurs d’un siècle  qui n’en fut pourtant pas avare.

Extraits du livre:

Kostler met sous la plume de Roubachof, cette réflexion toujours valable aujourd’hui: « or, tout progrès technique crée de nouvelles complications dans la machine économique, fait apparaitre de nouveaux facteurs et de nouveaux procédés, que les masses mettent un certain temps à pénétrer. Chaque bond en avant du progrès technique laisse le développement intellectuel relatif des masses d’un pas en arrière, et cause donc une chute du thermomètre de la maturité politique. Il faut … des générations pour que le niveau de compréhension d’un peuple s’adapte graduellement au nouvel état de choses, jusqu’à ce que ce peuple ait recouvré la même capacité de gouvernement de soi-même qu’il possédait déjà à une étape inférieure de sa civilisation. »

Sur l’aptitude humaine à supporter les plus grandes douleurs et défaites:

 » Il devait maintenant découvrir que le pouvoir, que la défaite peut devenir aussi vertigineuse que la victoire, et que ses profondeurs sont un abîme sans fond. ».

Sur le rôle historique et séculaire du bouc émissaire:

« Je constate que l’humanité ne saurait se passer de boucs emissaires. Cette institution indispensable était d’origine religieuse…Le mot lui-même venait d’un coutume des Hébreux, qui, une foispar an, sacrifiaient à leur dieu un bouc chargé de tous leurs péchés. »

Une lecture indispensable à tout lecteur désireux de mieux comprendre le totalitarisme stalinien et ses méthodes.

 

Savoir plus:

Les procès de Moscou

 

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

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