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Le livre « La fabrique de la défiance » paru en 2013  décrit une France pessimiste où la devise Liberté, Egalité, Fraternité n’est qu’un paravent pour la triade hiérarchie, défiance, inégalités qui selon eux, est la grille d’explication du malaise français. Plus de deux français sur 3 estiment que la classe politique est gangrénée par les milieux d’affaire. Notre pays souffre d’une école beaucoup trop élitiste qui induit une monde du travail où le respect du chef est essentiel. La vénération du diplôme, en premier lieu ceux des grandes écoles, est un des marqueurs du statut social en France et un accès garanti aux meilleurs statuts professionnels.

Reprenant sans le citer les enseignements de Pierre Bourdieu sur la reproduction sociale, les auteurs rappellent, par exemple,  que les fils d’enseignants et hauts cadres sont surreprésentés dans les professions les plus valorisantes . Les corporatismes sont prépondérants pour défendre les intérêts spécifiques  et les 500 niches fiscales (dont 40 sont vraiment importantes). Le taux de syndicalisation n’est que de 8 % en moyenne, soit le plus faible de l’OCDE, ce qui ne favorise pas le dialogue social. Côté politique, la France est le pays où le cumul des mandats, national et local  est le plus élevé ( de l’ordre de 85 %). Ce cumul suppose que les députés et sénateurs n’ont pas le temps d’examiner en détail les textes de loi, les rendant ainsi tributaire des pressions des lobbies qui leur livrent des amendements clé en main.

Tout cela concourt à un sentiment de défiance et d’insatisfaction. Les auteurs reprennent la phrase cruellement réaliste de Jules Renard  » Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas » ce qui signifie implicitement un puissant sentiment de jalousie par rapport aux statuts des collègues de travail. Cela dit, ce livre ignore totalement une des raisons majeures de la défiance des citoyens qui reste le trou colossal causé par l’optimisation et l’évasion fiscale des entreprises dans les finances publiques

Les auteurs sont considérés comme des économistes libéraux, classification à laquelle ils semblent adhérer si on considère leur dernier livre mais il ne faut pas pour autant rester prisonnier de grilles d’analyse, la réalité, ici comme ailleurs, n’étant jamais qu’une représentation imparfaite. Un récit de plus.

Note:

Pierre Cahuc et André Zilberberg viennent de publier le livre « Négationnisme économique –   Comment s’en débarrasser » de Cahuc et Zilberberg. Il fait polémique car ce titre inepte impliquerait qu’il y a une explication économique intangible  et évacue le débat. Voir l’article de Laura Raim sur  Mediapart à ce sujet

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

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