//
vous lisez...
Economie, High Tech & Internet : à savoir, Internet et cognition

Du transhumanisme et ses conséquences

Poussons à leur terme les prédictions transhumanistes sur la singularité technologique, ce moment où notre civilisation pourrait radicalement se transformer avec la mise en application des recherches en NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique, Sciences Cognitives). L’interaction de ces techniques très puissantes préfigurerait, selon les transhumanistes, l’avènement d’une IA (intelligence artificielle) dont personne aujourd’hui ne peut prédire la portée. En supposant qu’elle soit beaucoup plus performante que l’homme d’aujourd’hui, cette IA saura que nous voulons la contrôler et échappera donc à toute tentative de limitation de sa puissance. Cela signifie la fin de l’humanité telle que nous la connaissons. Sans aller jusqu’à ce scénario catastrophe, il faut d’ores et déjà mettre en questions la nouvelle croyance transhumaniste.

Quid de ceux qui ne seraient pas des êtres « augmentés »  ? Quid des pathologies mentales ? Quid de la volonté de domination et de de contrôle de territoire intimement liés à la nature humaine ? Quid du fonctionnement en perpétuel équilibre de nos sociétés face à cet immense défi ? Changements climatiques, guerres, fin des énergies renouvelables, inégalités croissantes, maladies voire mortalité, etc. : tout serait soluble dans la technologie et la science. Les notions actuelles de morale et d’éthique seraient jetées aux orties. Alors qu’on assiste au Moyen-Orient à la résurgence violente de thèmes religieux coraniques vieux de 14 siècles, verrait t-on  alors une rupture fondamentale entre plusieurs humanités ? Le transhumanisme est une nouvelle croyance qui fait de la technologie la baguette magique capable de tout résoudre en faisant l’économie de toute réflexion sur la nature profonde de l’homme. Une solution universelle à laquelle nous devrions nous conformer sans discussions au risque de paraître fossilisés dans notre vieille humanité. Jacques Ellul et aujourd’hui Evgueni Morozov  évoquent le risque que fait peser la nouvelle croyance sur les pouvoirs illimités de la technologie censée tout résoudre. Selon Ellul « ce n’est pas la Technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la Technique ».  Les transhumanistes me paraissent répondre à cette définition.  Je pose que l’homme a crée dieu et ses dérives liturgiques pour tenter d’accepter la mort, la maladie et les souffrances liées à la condition humaine.  Troquer une croyance ancestrale divine contre une foi inébranlable dans la technologie fait partie du même processus. Dans les deux cas, il faut abandonner son libre arbitre et suivre sans recul, ni mise en questions.

Publicités

À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

%d blogueurs aiment cette page :