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Une écologie positive (traduction du texte de George Monbiot- Editorialiste au Guardian)

Ce texte de George Monbiot, éditorialiste au Guardian, plaide pour un optimisme mesuré dans nos capacités à restaurer l’empreinte écologique désastreuse que nous avons laissé depuis l’ère industrielle et l’après guerre. Son opinion sur la famille peut paraitre trop optimiste, à l’heure où la cellule familiale se décompose sous l’effet des divorces et séparations) mais le reste du texte et intéressant.

GeorgeMonbiot est un écologiste qui soutient le nucléaire, estimant que ses dangers ont été exagérés et que l’accident de Fukujima n’est pas la catastrophe décrite par certains écologistes. C’est une opinion étonnante de la part d’un écologiste et que je ne partage pas .

Traduction

L’espoir en l’homme repose sur la reconnaissance de sa nature animale

Agé de 3 semaines, chaude et ronflant doucement sur mon épaule pendant que j’écris, tu ne seras jamais aussi près de la nature que maintenant. Avec tes besoins animaux et tes pleurs d’animaux, mu par un esprit primaire qui sera bientôt submergé par la cacophonie des pensées et du langage, tu appartiens me semble t-il plus à la biosphère qu’a la sphère humaine. J’ai le sentiment que cela fait des années que j’ai vu ton squelette ressemblant à une espèce très ancienne découverte par les biologistes et fossilisée depuis des siècles. Déjà j’ai commencé à entretenir les espoirs et les craintes auxquels tous les parents ont succombé depuis que les premiers hominidés ont laissé des gravures pariétales qui montrent les premières étincelles humaine.

Laissez-moi commencer au tout début avec l’organisation à laquelle vous devez sans doute votre existence. Quand je suis né il y a 50 ans, par le froid hiver de 1963, le NHS (Service National de Santé britannique) n’avait que 15 ans. Il est sans doute difficile de comprendre cela – pour la 1ere fois de l’histoire du Royaume-uni – vous pouviez être malade sans risquer la faillite financière, personne ne mourrait plus désormais faute d’argent. Je vois ce système comme le sommet de la civilisation, l’une des merveilles du monde. Maintenant, il fait tellement partie de notre vie qu’il est tout aussi difficile de croire que nous pourrions le perdre. Mais je crains que tu auras mon âge, le système de santé universel et gratuit sera un fantasme lointain, une Arcadie mythifié aussi éloignée [que la peur des bombardements qui était la mienne. Traduction à vérifier]. Une des leçons que tu vas apprendre, douloureusement et à contrecœur, est qu’aucune valeur commune publique n’existe sans qu’il n’ait fallu se battre pour l’obtenir.

Le développement du monde était une des caractéristiques remarquables de la première moitié de la période que j’ai vécue. Ensuite, la richesse a été largement partagée et la puissance de ceux qui l’avaient monopolisée a été ébranlée. La fiscalité a été utilisée comme un moyen de redistribuer les richesses communes. Ce grand progrès social est également en recul, et, peut-être vais-je trop vite en besogne, je crains pour tes prochaines années. Ma génération semble être gaspiller ton patrimoine.

Cette destruction fait écho à notre gestion du monde naturel. Dans mon enfance, il ne serait jamais venu à l’esprit que les oiseaux communs comme le coucou, le moineau et l’étourneau pourraient connaitre une baisse si rapide que j’en arriverai à les considérer en danger dans ce pays (1). Je me souviens de l’étonnante variété de papillons qui se regroupaient sur les fenêtres par les chaudes nuits d’été, les anguilles abondantes, descendant les rivières chaque automne, les champignons répandant par milliers leurs arômes à travers les prairies herbeuses. Ce sont des choses que tu pourrais ne jamais revoir. Quand tes enfants seront nés, le tigre, le rhinocéros, le thon rouge et la plupart des autres animaux qui nous ont tellement captivé pourraient bien avoir disparu.

Nous avons maintenant une meilleure compréhension que nous avons dépassé depuis que je suis né – un an après que Silent Spring * ait été publié- les limites naturelles au sein desquelles nous vivons. Nous connaissons maintenant les points au-delà desquels les ressources naturelles qui rendent nos vies viables ne peuvent plus être maintenues (2). Déjà, nous pouvons affirmer que nous avons franchi trois des neuf limites, et que nous allons en dépasser trois autres (3). Tu connaitras sans doute les évènements extrêmes du changement climatique, dont j’ai passé une grande partie de ma vie à croire que nous pourrions les éviter, accompagnés par d’autres catastrophes écologiques, tels que l’acidification des océans, la perte de la plupart des autres forêts, ses zones humides et réserves d’eau, les grands prédateurs, les récifs coralliens et poissons. Si oui, tu seras sans doute abasourdi par la stupidité et la myopie de ceux qui t’ont précédés. Personne ne peut prétendre que nous n’avons pas été prévenus.

Il y a une autre voie possible sur laquelle je travaille depuis 2 ans et à laquelle j’ai décidé de consacrer une bonne partie du reste de ma vie. Ceci est une écologie positive, qui prévoit le rewilding – la restauration écologique – de grandes étendues de terres improductives et des mers surexploitées (4). Elle reconnaît la remarquable capacité de la nature à se redresser, à rétablir le réseau complexe des relations écologiques à travers laquelle, jusqu’à présent, nous nous sommes lourdement trompés. Plutôt que de lutter seulement pour arrêter la destruction, cette voie propose un monde meilleur et plus riche, un lieu dans lequel, je l’espère, tu auras plaisir à vivre.

Je pense que ce pays et beaucoup d’autres vont devenir plus faciles à vivre sur un point. Je crois en effet que la vie de famille, contrairement aux affirmations des politiciens et des médias est maintenant meilleure qu’elle ne l’a été depuis des siècles (5), que l’ancien modèle froid de la parentalité individuelle et ses dommages – psychologique, neurologique et (certaines recherches suggèrent) épigénétique ** – qu’il semble avoir provoqué, commence à disparaître (6,7,8,9).

Peut-être que la plus grande source d’espoir et de progrès social découle de notre redécouverte des besoins des bébés et jeunes enfants: les exigences de base de confort, de contact et de fixation. Oui, le rôle parental est une épreuve (maintenant tu commences à gigoter et gronder et je crains que ta mère, épuisée par une nuit d’allaitement, ne se réveille), mais il est, je crois, une fondation sûre d’un monde meilleur. Sachant ce que nous savons maintenant, nous avons la possibilité d’éviter les dommages, les besoins non comblés qui ont causé tant de maux sociaux, qui se trouvent peut-être à l’origine de la guerre, de la cupidité destructrice, de la nécessité de dominer.

Dans cela se trouve l’espoir: dans les prémisses, avec la reconnaissance que toi, comme nous tous, appartiennent au monde naturel.

www.monbiot.com

Références (traduction française des références par Google translate.  A revoir):

  1. http://www.bto.org/birdtrends2010/key_findings.htm#declining
  2. Johan Rockström et al, 2009. limites planétaires: Exploration de l’espace de fonctionnement sécuritaire pour l’humanité. Ecology and Society 14 (2): 32.

http://www.stockholmresilience.org/download/18.8615c78125078c8d3380002197/ES-2009-3180.pdf

  1. http://blogs.ei.columbia.edu/2011/08/05/have-we-crossed-the-9-planetary-boundaries/
  2. Mon livre sur ce sujet sera publié l’année prochaine. Le titre de travail, ce qui peut changer, est Feral: rewilding la terre, la mer et la vie humaine.
  3. Voir le livre fascinant par John R Gillis, 1996. Un monde de leur propre fabrication: mythe, le rituel et la quête de valeurs familiales. Basic Books, New York.
  4. Voir, par exemple Sue Gerhardt, 2004. Pourquoi Love Matters: Comment Affection façonne le cerveau d’un bébé. Routledge.
  5. Shir Atzil, Talma Hendler et Ruth Feldman, Décembre 2011. précisant le fondement neurobiologique de l’attachement humain: le cerveau, les hormones, et le comportement dans synchrone et intrusives mères. Neuropsychopharmacology 36, de 2603 à 2615 () | doi: 10.1038 / npp.2011.172

Voici deux documents sur les résultats possibles épigénétiques de différentes formes de parentalité:

  1. Ian CG Weaver et al, 2004. programmation épigénétique par le comportement maternel. Nature Neuroscience Vol 7, pp847 – 854. doi: 10.1038 / nn1276
  2. PO McGowan et al, 2011. Broad épigénétique Signature de soins aux mères dans le cerveau de rats adultes. PLoS ONE 6 (2): e14739. doi: 10.1371 / journal.pone.0014739

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«Je aime pas l’homme le moins, mais plus de la nature. »

© 2015 George Monbiot

* (Livre de Rachel Carlson – 1962- qui a accompagné le mouvement écologiste)du monde les réserves d’eau, ses grands prédateurs, les récifs coralliens et poissons. Si oui, vous serez sans doute Boggle à la stupidité et la myopie de ceux qui vous ont précédés. Personne ne peut prétendre que nous avons pas été prévenus.

** L’épigénétique est la discipline de la biologie qui étudie les mécanismes moléculaires qui modulent l’expression du patrimoine génétique en fonction du contexte.

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

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