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Besoin de Vélo – Paul FOURNEL (SEUIL)

Rares sont les plumes capables de restituer  dans toutes ses nuances ce qu’est le vélo, sa pratique assidue à ne pas confondre avec la geste chevaleresque velomais trouble du Tour de France et du cyclisme. Paul Fournel fait partie avec Pierre Chany, Antoine Blondin ou Eric Fottorino, de ce club très fermé des bardes éclairés du cycle. Il faut avoir parcouru les plaines ventées, les routes surchauffées, les cols écrasés de chaleur pour comprendre en quelques phrases, toute la richesse de ce texte. Dans un style littéraire précis et ciselé, Fournel trouve les expressions et le vocabulaire qui évoquent sans équivoque le monde cycliste. Soyons clair, ce livre s’adresse d’abord à un lecteur qui connaît les sensations de cet homme-centaure qu’est un cycliste juché sur sa machine. Sur la forme physique par exemple, que les coureurs attendent fébrilement : « Et puis un matin, vous avez l’impression de sortir de prison. L’air, qui est identique à ce qu’il était la veille, vous paraît léger, le paysage se déploie et vous vous sentez à votre place, à la pliure de la montagne. Vous aimez la bosse que vous grimpez et pour fêter ça vous mettez deux dents de mieux. Vous êtes en forme. » .

Sur le dopage, sa sentence est sans appel malgré l’immense respect qu’il voue aux champions classieux comme aux coursiers  obscurs, hors des polémiques sans fin des « pour » et des « contre » : « Le milieu cycliste est un milieu drogué et le serpent du dopage ne cesse de se mordre la queue. Le mensonge est trop ancien et le gouffre hypocrite que l’on a laissé s’ouvrir entre le discours officiel et les pratiques réelles, est trop immense pour pouvoir être un jour refermé« .  Besoin de vélo parle aussi du paradoxe entre la passion inextinguible du bouffeur amateur de kilomètres et l’indifférence totale de champions comme Jacques Anquetil et tant d’autres pour le vélo. Au soir de sa dernière course, Anquetil tint sa promesse de ne plus jamais remonter sur une bicyclette. Pour être sûr de tenir son serment, il  désossa  sa machine de tous ses accessoires. Un livre indispensable aux passionnés et que les profanes devraient lire pour aller au delà des clichés et des images grossièrement affectées au cyclisme.

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

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