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Technologies numériques et robots: danger sur l’emploi

Un papier du Financial Times, un media peu suspect de centrer sa ligne éditoriale sur le social, met en garde sur les conséquences nuisibles des gains de productivité dus aux technologies numériques et aux robots. Et le journaliste Martin Wolf de commencer son article (dont la traduction a été publié par « Le Monde »  le 12 février ici) par l’anecdote qui suit. En 1955, Walter Reuther, président du syndicat américain des ouvriers de l’automobile, racontait sa visite dans une usine du groupe Ford. Désignant les robots, son accompagnateur lui avait demandé comment il s’y prendrait pour que ces machines versent leur cotisation au syndicat. « Et vous, comment allez-vous les convaincre d’acheter des Ford ? », répliquait M. Reuther. Tout le débat se tient dans cette contradiction. Un robot ou un outil numérique n’ont pas de salaire, ne sont pas syndiqués, ne donnent pas lieu à des cotisations patronales, ne se sont jamais en arrêt maladie. Mais d’autre part, ils n’achètent rien ni ne paient d’impôts. L’économie de marché telle qu’elle fonctionne aujourd’hui serait donc à revoir de fond en comble. Martin Wolf distingue 3 tendances qu’il conviendra de bien comprendre dans un futur proche si l’on veut éviter un désastre social.

Desson_Martin_Wolf

Illustration Ingram Pinn ( FT )

  1. La disparition probable de près de la moitié des emplois américains à   court terme.   Cela signifie que les salaires des personnels non qualifiés pourraient, d’après Martin Wolf, pourraient chuter bien en dessous du minimum socialement acceptable ; conjugués à d’autres technologies, les robots pourraient rendre la distribution des revenus bien plus inégalitaire qu’elle ne l’est déjà.

« L’automatisation pourrait mettre en péril 47% des emplois américains.  »

       la plupart des ouvriers du secteur du transport et de la logistique,
       une grande partie des employés de bureau et des personnels 
       administratifs en bas de l'échelle, mais aussi les ouvriers du secteur
       de la production risquent d'être remplacés par du capital informatique ».

Source: article des chercheurs Carl Frey et Michael Osborne de l’université
britannique d’Oxford.
2. Les inégalités vont s’accroitre. Les mieux lotis pourraient l’être encore plus, les pauvres pourraient devenir plus pauvres. Les revenus des salariés les moins payés seraient orientés vers les propriétaire de robots avec pour résultat, une  multitude de gros bénéficiaires et une multitude de perdants.

3. La nécessité  de formation, incantation serinée sur tous les tons pour lutter contre le chômage, n’est pas une baguette magique. Martin Wolf écrit dans son papier « Nous ignorons quelles seront les aptitudes requises dans 30 ans » . Comment dans ces conditions faire de la formation un des volets clés pour faire reculer le chômage. ?

 

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

Discussion

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: On va embaucher des robots ! | Pub'n'Drive // Web & Réseaux sociaux - mars 18, 2014

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