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High Tech & Internet : à savoir

L’anonymat, valeur en péril

Qui s’accommoderait d’une surveillance permanente de ses faits et gestes ? Même si nous n’avons aucune intention délictueuse ou amorale, cela changerait-il notre façon de vivre et d’exister ? Pour la grande majorité d’entre nous, les réponses semblent évidentes. Personne ne consentirait à voir ses faits gestes épiés constamment et une surveillance permanente modifierait notablement notre rapport aux autres et à la vie en société. Pourtant nous sommes aujourd’hui dans une société ou l’anonymat est une valeur de plus en plus floue, à cause de l’augmentation exponentielle de la puissance des outils de surveillance sur tous les réseaux, Internet et téléphone.

Les experts en sécurité savent depuis longtemps ce que l’affaire Snowden, ex agent de la CIA puis de la NSA a appris au grand public. A savoir qu’aujourd’hui, la NSA, agence de sécurité des Etats-Unis et leurs alliés  connus sous l’abréviation  « FVEY »( Australie,  Canada, Nouvelle-Zélande , Royaume-Uni), ont les moyens d’enregistrer des millions de données privées sur les institutions, entreprises et particuliers. D’après l’ex-agent Edward Snowden, la NSA récolte des millions de courriel et de messagerie instantané, listes de contacts , fouille les e-mail , suit et  cartographie  la localisation des téléphones cellulaires, sape les tentatives de cryptage via Bullrun, utilise les cookies avec les mêmes outils que les annonceurs sur Internet pour identifier des cibles pour le gouvernement de piratage et renforcer la surveillance. La NSA puise aussi  dans les Data Center de Yahoo et Google. Encore plus fort, fin décembre 2013, la NSA peut analyser et enregistrer les énormes flux de communication transitant par les câbles sous-marins. Fin décembre 2013, l’opérateur Orange s’est porté partie civile car d’après Snowden, la NSA a piraté en février 2013 le réseau informatique de 16 sociétés, dont Orange, qui gèrent un câble sous-marin acheminant les communications téléphoniques et internet entre la France, l’Afrique du Nord et l’Asie. Pas moins de 70,3 millions de communications téléphoniques ont été écoutée entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013 selon « Le Monde ». La méthode utilisée consiste à déclencher l’enregistrement de la conversation lorsque certains numéros de téléphone ciblés sont utilisés. Un système qui couvre aussi bien les appels vocaux que les SMS.

Ces masses considérables de données dérobées font partie de  la réplique américaine aux attentats du 11 septembre 2011 effectués par quelques terroristes. En l’état des connaissances en analyse sémantique et intelligence artificielle, il parait douteux qu’une agence comme la NSA puisse aujourd’hui isoler toute l’information utile du bruit gigantesque constitué par des milliards d’octets des flux d’information. Mais demain, qu’en sera t-il ? Qui peut garantir qu’aucun pays  ne mettra en oeuvre tous les moyens d’espionnage possibles, vidéo-surveillance et informatique, pour traquer des opposants ? Il est sans doute encore temps de faire la clarté sur la puissance réelle des outils d’espionnage et de surveillance, sur leur utilisation hors des gardes-fous juridiques. Plus largement, les technologies du numérique sont-elles encore maitrisables  ?

Signe de l’angélisme réel ou simulé du gouvernement français, le 12 février 2014 au cours de sa visite officielle aux États-Unis, François Hollande a déclaré que la confiance mutuelle entre Washington et Paris était « restaurée » après l’affaire Snowden, comme si la NSA venait de déconnecter toutes ses stations d’écoute et arrêté ses programmes de surveillance via Gogle, Yahoo , Orange et autres.

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

Discussion

2 réflexions sur “L’anonymat, valeur en péril

  1. Dans la foulée des révélations de Snowden et des pressions et intimidation des services policiers qu’à subies le journaliste du Guardian, Glenn Greenwald, qui a mis sur la place publique ces informations, « À dérive liberticide incontrôlable, riposte journalistique adaptée? Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, estime que les journalistes devraient être mis à l’abri de poursuites si, dans les univers numériques, ils sont amenés à transgresser certaines lois, à pénétrer illégalement dans des systèmes informatiques ou bases de données afin d’en extraire des informations cruciales pour l’intérêt public.» Lire la suite sur :

    http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/les-mutations-tranquilles/421656/du-journalisme-dans-la-desobeissance-numerique-pour-l-interet-public

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    Publié par evemarieblogueuse | novembre 1, 2014, 6:02
  2. Dire que certains prétendent qu’il est possible de surfer en anonyme sur le web.Et d’autres critique l’Iran qui pourra savoir qui est connecté sur le net!

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    Publié par newsoftpclab | décembre 7, 2014, 12:48

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