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Google ne veut pas financer la presse

Décidément les européens ne comprennent rien au business de Google  😉   Après le parlement Allemand qui devrait sous peu voter une loi pour taxer Google sur les contenus d’information affichés par le moteur de recherche, la France devrait aussi faire passer Google à la caisse. La facture réclamée par le fisc français s’élève à 1,7 milliards d’euros au titre des taxes et amendes de retard impayées.  ( Le canard Enchaîné – 7 novembre 2012). L’Autriche, l’Espagne, la Belgique et la Suisse devraient emboiter le pas à la France.

Explications. La presse française et européenne sont en grandes difficultés, sauf quelques créneaux de la presse magazine, people ou autres.  Les quotidiens gratuits  et l’information en ligne majoritairement non payante ont porté le coup de grâce à un modèle économique à bout de souffle. La publicité ne suffit plus à équilibrer les comptes et il faut trouver de nouvelles ressources sous peine de disparaître. Les aides de l’Etat à la presse qui s’élèvent à 516 millions d’euros pour 2013 ( le Monde) ne suffisent plus à lui mettre la tête hors de l’eau.

Du point de vue de l’Etat Français, les tours de passe-passe fiscaux de Google qui n’a jamais versé plus de 5 millions d’euros par an, commencent à indisposer passablement le gouvernement actuel. Pourtant, son chiffre d’affaires en France basé sur la publicité en ligne se situe entre 1,2 et 1,5 milliards d’euros. Cherchez l’erreur … En fait, Google affirme ne disposer d’aucune force commerciale sur le territoire français et rapatrie presque tous ses bénéfices européens en Irlande, terre d’asile accueillante pour les sociétés High Tech comme Microsoft et beaucoup d’autres. Le taux d’imposition de l’Irlande sur les bénéfices ne dépasse pas 12% mais ce pays a reçu 85 milliards d’euros d’aides exceptionnelles de la part de l’UE. Un véritable dumping fiscal infructueux, métaphore de l’échec du libéralisme économique.

Google refuse toute négociation car la firme californienne pense tout simplement que l’information ne vaut rien par elle-même. Son directeur Europe, Carlo d’Asaro Biondo a déclaré qu’il ne paierait jamais un centime pour l’information car elle n’avait aucune valeur commerciale ( article dans LesEchos) .

La bataille s’annonce difficile car il s’agit d’un choc frontal entre deux façons d’aborder la place de l’information dans les sociétés démocratiques. Plus largement, ce conflit témoigne de la perte de sens de l’intérêt collectif dans une société aujourd’hui noyée dans une course au profit sans aucune réflexion à long terme.

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

Discussion

Une réflexion sur “Google ne veut pas financer la presse

  1. Réplique attendue de Google. Pour contrer le texte de loi Allemand, Google sort les armes lourdes en orquestrant une campagne typiquement « Googlelienne »
    Voir ici > http://owni.fr/2012/11/27/achtung-google-n%E2%80%99est-pas-content/

    J'aime

    Publié par Serge Escalé | novembre 28, 2012, 10:44

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