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Economie

Finance et jeux d’argent: l’avidité en partage

En 2010, les français ont dépensé 26,3 milliards d’euros aux jeux d’argent et de hasard soit le prix de 78 Airbus A 380 ou  260 hôpitaux de taille moyenne ou encore, 1700 collèges.  Cela représente une augmentation de 22 % par rapport à 2009, selon une estimation de l’AFP. Loto, Loto sportif, Euromillions, Cash, Millionnaire, PMU, casino,  etc. A l’autre extrémité, la finance a multiplié des produits de plus en plus complexes à destination des états, institutions, communes et d’une masse de particuliers plus ou moins fortunés. Ajoutons à cette course au trésor, les bonus, stock-options, retraites-chapeau  des dirigeants des sociétés du CAC 40. Quel est le lien commun entre toutes ces catégories d’aspirants  à la richesse sinon une avidité névrotique par rapport à l’argent ? La crise financière exacerbe encore plus cette névrose de possession qui est la marque de nos sociétés occidentales. Comme si l’accumulation sans fin de biens et de services était la seule réponse à l’angoisse originelle. Les joueurs ne veulent rien d’autre que devenir aussi riche que les nantis. Triste constat. La réussite indue des ultra-riches ne sert pas à mettre à distance cette boulimie d’accaparement mais ne semble susciter que de l’envie.  Les adeptes des jeux d’argent et de hasard envient le gotha des plus riches, tout simplement et sans autre horizon de pensée. Comment dans ces conditions espérer une société plus coopérative et cohésive, recentrée sur des valeurs de partage et non sur un idéal d’enrichissement ?

Accumuler pour ne rien en faire

Alors que les médias détaillent les gains faramineux des traders, banquiers, grands dirigeants, hommes d’affaires, champions sportifs,  la finalité de ces quantités d’argent, parfois virtuelles, toujours injustifiées, est absente des champs d’information et de réflexion.  Au delà d’une certaine somme, le surplus ne sert à rien, sinon à satisfaire des besoins inutiles.  Notre bonheur profond est-il lié au fait d’avoir 4 ou 5 résidences, des voitures à la puissance inutilisable ?  Faut-il être entouré de gadgets et objets technologiques hors de prix, etc. ?  On constate au contraire que cet argent ne va presque jamais dans les projets ou besoins les plus urgents. La société s’atomise dans un chaos de destins férocement individuels, les sans abris sont de plus en plus nombreux avec de moins en moins de moyens, les véritables entrepreneurs ont de grandes difficultés à trouver des financements, la culture manque de subsides, etc.

Pour mieux reconstruire un monde viable, il importe d’abord de désacraliser le veau d’or, dont la métaphore actuelle est l’idolâtrie de l’argent et de la réussite.

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À propos de Serge Escalé

Rédacteur. En veille sur l'économie, le social, l'usage et implications des technologies, le numérique.

Discussion

2 réflexions sur “Finance et jeux d’argent: l’avidité en partage

  1. C’est bon de lire ça Serge ! J’aime ce texte, fond, forme … !
    Oui, j’aime !

    Question : on peut diffuser l’adresse du blog ?… Pour en faire profiter les autres ?…

    Merci donc.

    Fins aviat…

    J'aime

    Publié par Centenero | mars 6, 2012, 10:05
  2. Pas de souci Patrick. A diffuser sans modération 😉

    J'aime

    Publié par Serge Escalé | mars 7, 2012, 9:55

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